Le tamisage à sec est la plus ancienne et la plus répandue des méthodes de production de haschich au monde. Pratiqué depuis des millénaires au Maroc, en Afghanistan, au Liban et dans toute l'Asie centrale, ce procédé consiste à séparer mécaniquement les trichomes glandulaires — ces minuscules glandes résineuses qui recouvrent les fleurs de cannabis — de la matière végétale à l'aide de tamis de différentes finesses. C'est une technique qui allie simplicité conceptuelle et subtilité d'exécution.

Le principe fondamental est d'exploiter la différence de taille entre les têtes de trichomes (50-120 microns) et les particules végétales. En faisant passer la matière à travers des mailles calibrées, on obtient une poudre de résine pure appelée kief ou pollen. La qualité du produit final dépend directement de la finesse des tamis utilisés, de la délicatesse du geste et du nombre de passes effectuées. Un tamisage multi-passes avec des mailles décroissantes permet d'atteindre des niveaux de pureté remarquables.

Chaque région productrice a développé ses propres variantes et raffinements. Au Maroc, le tamisage est un événement communautaire rythmé par les battements cadencés des plantes sur les tamis. En Afghanistan, les tamis de soie naturelle sont des héritages familiaux précieux. En Europe, la technique a été modernisée avec le nettoyage par électricité statique, une innovation qui permet d'éliminer les dernières impuretés végétales pour obtenir un dry sift de qualité « full melt ».

Le tamisage à sec reste aujourd'hui la méthode de prédilection pour la production de résine CBD en Europe. Sa simplicité d'équipement, l'absence de solvants ou d'eau, et la fidélité du profil terpénique obtenu en font un choix idéal pour les artisans et les producteurs qui privilégient l'authenticité et la tradition.

Étapes de fabrication

  1. Sécher les fleurs de chanvre CBD pendant 2 à 4 semaines dans un environnement contrôlé
  2. Congeler les fleurs 24 à 48 heures pour rendre les trichomes cassants
  3. Placer les fleurs sur un premier tamis grossier (150-200 microns)
  4. Battre ou frotter délicatement les fleurs pour détacher les trichomes
  5. Collecter la poudre de résine (kief) tombée à travers le tamis
  6. Répéter l'opération avec des tamis de plus en plus fins (120, 90, 73 microns)
  7. Optionnel : nettoyer le kief par électricité statique pour éliminer les résidus végétaux
  8. Presser le kief obtenu avec ou sans chaleur selon le type de hash désiré

Équipement nécessaire

  • Tamis de différentes mailles (73 à 200 microns)
  • Surface de travail propre
  • Récipients de collecte
  • Congélateur
  • Presse à hash (optionnel)
  • Carte rigide ou DVD pour le nettoyage statique (optionnel)

Avantages et inconvénients

✅ Avantages

  • Méthode la plus simple et la plus accessible
  • Aucun solvant ni eau nécessaire
  • Préserve fidèlement le profil terpénique
  • Équipement minimal et peu coûteux
  • Tradition millénaire éprouvée

❌ Inconvénients

  • Rendement inférieur à l'extraction à l'eau
  • Pureté moindre sans nettoyage statique
  • Processus long et laborieux pour les grandes quantités
  • Qualité variable selon le savoir-faire de l'opérateur

Résines produites par cette méthode